Le journal de Maurice Lasalle

Le document que nous mettons aujourd'hui à disposition sur ce site est inédit et constitue un témoignage précieux d'un jeune soldat engagé dans la Première Guerre mondiale. Le journal de Maurice Lasalle a été conservé par ses parents après le conflit. Il a ensuite été recopié sous forme dactylographiée par son petit neveu, Maurice Loret. Aujourd'hui, Jean-Marie Loret, frère de Maurice, constitue  une grande aide afin de mettre en valeur le journal de Maurice Lasalle ainsi que les archives familiales. La transcription qui accompagne les documents originaux est le fruit d'un traitement OCR (reconnaissance optique des caractères) réalisé en 2016, issu de la copie du journal par Maurice Loret. Ainsi, les choix de Maurice Loret dans les formats de date demeurent, bien qu'ils ne respectent pas la notation d'origine adoptée par Maurice Lasalle.

Un arbre généalogique des personnes citées se trouve au bas de cette page. Ci-dessous, en guise d'introduction au journal, nous reprenons les propos de Maurice Loret lorsqu'il copia le journal de son grand-oncle :

« Après la mort de mon père (24 mars 1991). Je retrouvai dans les archives familiales un document que je connaissais depuis longtemps : les notes de mon oncle Maurice LASALLE. Relatant les péripéties journalières de sa courte guerre en 1915. Écrites au crayon sur des feuilles volantes, leur lecture est maintenant très malaisée : le papier a jauni et l’écriture est par endroits presque effacée. J’entrepris alors de les recopier pour que ce texte reste accessible à d’éventuels lecteurs.

Dans ces feuilles souvent émouvantes destinées à ses parents, ce jeune homme très vite jeté dans une guerre atroce raconte avec pudeur ses petites joies de soldat, ses peines et parfois ses angoisses. Lorsqu’il constate l’inutilité apparente de cette terrible guerre de tranchées et son effroyable coût humain, l’amertume et les craintes (— ... Notre tour de mourir n’est-il pas proche ? ... — ) ne masquent pas son sens du devoir ni la conscience qu’il a de la nécessité du combat pour sa patrie.

Maurice LORET Chilly-Mazarin, novembre 1991

Voici donc la copie du journal de guerre de mon oncle maternel, Maurice LASALLE, fils de Henri LASALLE (1867-1945), vigneron et tonnelier à Sillery, et de Mathilde LASALLE, née HENRION (1874-1958), fille de cultivateurs de Prunay. Mes grands-parents eurent deux enfants, tous deux nés à Sillery : Maurice, né le 15 août 1895, et Reine-Marie, ma mère, née le 6 janvier 1903. Maurice, garçon doué, put faire des études à l’École de Commerce de Reims, et obtint des « bourses » pour effectuer des stages à l’étranger. Il passa ainsi deux ans (1912-1913) à Berlin où mon grand-père alla le voir après avoir appris à parler l’allemand, ce qui rendit bien service à son village quelque trente ans plus tard au cours de la guerre 1939-1945.

Lors de la déclaration de guerre du 3 août 1914, Maurice était en stage à Londres. Il avait alors 19 ans et manifesta le désir de s’engager dans l’armée britannique qui lui offrait un poste d’interprète. Il semble ; qu’il en fut dissuadé par ses parents qui lui conseillèrent de revenir en France : sans doute estimaient-ils que son devoir était de servir dans l’armée française. Plus tard, ma grand-mère regretta cette démarche, estimant que son fils aurait peut-être survécu après une guerre plus facile ; mais personne en 1914 n’imaginait que les combats seraient si longs et si meurtriers.

L’offensive initiale allemande ayant été stoppée par la « Victoire de la Marne », le front se stabilisa à l’automne 1914, et Sillery resta jusqu’en 1918 à un ou deux kilomètres des premières lignes. La vie était impossible dans le village qui avait été pratiquement rasé (la maison familiale était détruite) et restait sous le feu des canons allemands. Ma grand-mère était allée se réfugier à Vichy avec ma mère alors âgée de douze ans, cependant que mon grand-père était resté dans la région où il aidait Monsieur COCHET, un vigneron d’Ambonnay, à exploiter ses vignes. Mon oncle Maurice, incorporé à la fin de 1914, fit ses « classes » au camp de Coëtquidan, près de Guer, en Bretagne. Le récit commence au mois de mai 1915, alors que, nommé Caporal après quelques mois d’instruction, il était envoyé « au front » pour être affecté au 3ème Bataillon du 94ème Régiment d’Infanterie.

Dans le texte original, certainement en raison de la censure postale, les numéros des régiments sont le plus souvent absents et les lieux sont mentionnés par leurs initiales. J’ai pu retrouver assez facilement les noms réels qui désignent des villages ou des lieux-dits dont mes grands-parents parlaient beaucoup et que j’ai plusieurs fois visités avec eux et mes parents. On peut aisément se repérer avec la carte Michelin numéro 56. La première partie du journal se passe en Argonne, à une quinzaine de kilomètres au nord de Sainte-Menehould pour les combats, à la même distance au sud pour le repos. La deuxième partie se passe en Champagne, au nord de Mourmelon pour les combats, et entre Épernay et Châlons pour la période de repos qui précéda le dernier départ pour le front. »

Recopie intégrale au format numérique : Alexandre WAUTHIER – avril 2016

Adaptation des contenus sur Omeka S : Alexandre WAUTHIER – décembre 2019

Arbre généalogique de la famille Lasalle

Arbre généalogique des Lasalle
Folios 1 à 10 | Folios 11 à 20 | Folios 21 à 30 | Folios 31 à 40 | Folios 41 à 50 | Folios 51 à 60 | Folios 61 à 70 | Folios 71 à 80 | Folios 81 à 90 | Folios 91 à 100 | Folios 101 à 110 | Folios 111 à 120 | Folio 121 à 130 | Folios 131 à 140 | Folios 141 à 150 | Folios 151 à 160 | Folios 161 à 170 | Folios 171 à 180 | Folios 181 à 190 | Folios 191 à 200 | Folios 201 à 210 | Folios 211 à 220 | Folios 221 à 224 | Fin du journal
Intégrale des folios
(une seule page web, chargement long)
Préc. Suivant